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It’s No Game – Un court-métrage écrit par une intelligence artificielle

L’an dernier, le réalisateur Oscar Sharp s’associait au chercheur en intelligence artificielle Ross Goodwin pour créer le court-métrage Sunspring. Ce court-métrage a été écrit entièrement par un algorithme nommé Benjamin. Cette année, Benjamin est de retour avec It’s No Game, un autre court-métrage de science-fiction.

Le scénario de ce nouveau film met en scène une productrice, incarnée par Sarah Hay de Flesh and Bone, informant deux metteurs en scène, incarnés par Tim Guinee et Thomas Payne de la série Walking Dead, qu’il n’y a aucune importance à ce qu’ils se mettent en grève car les intelligences artificielles sont désormais capables d’écrire des films pour des acteurs IA. La productrice leur présente alors Sunspring, le premier film de Benjamin, qui a effectivement été visionné des millions de fois. Entre mise en abîme et caractère prémonitoire, ce court-métrage s’avère étonnamment pertinent.

Par la suite, un robot Hoffbot, incarné par David Hasselhoff, fait son entrée. Reprogrammé par des nanobots qui le connectent à Benjamin, le Hoffbot récite des répliques issues de Knight Rider et Baywatch. Les nanobots parviennent ensuite à prendre le contrôle de tous les autres humains dans la salle, et les forcent à réciter des répliques de Shakespeare, Aaron Sorkin ou d’autres classiques Hollywoodiens. Enfin, Sarah Hay se lance dans un ballet basé sur des mots français assemblés par un autre algorithme.

It’s No Game : le deuxième court-métrage de Benjamin

Tout comme son prédécesseur, Sunspring, It’s No Game a été créé dans le cadre du 48 Hour Film Challenge du Sci-Fi London Film Festival. Pour créer ce film, Goodwin a entraîné Benjamin sur six différents modèles pour lui permettre d’écrire les dialogues. Pour faire simple, l’algorithme a appris à créer de longues phrases en se basant sur un corpus de dialogues provenant de différents films et séries. Seule la séquence du ballet a été écrite à partir d’un autre algorithme.

Contrairement à ce qu’il avait fait pour Sunspring, Goodwin a fait le choix d’entraîner ses algorithmes sur des sous-titres plutôt que des scripts. Ceci a permis d’éviter la présence de didascalies et de noms de personnages dans les dialogues. De plus, cette fois, l’IA n’interprète pas plusieurs versions d’elle-même, mais bel et bien plusieurs personnages différents.

Des répliques aléatoires, mais étonnamment profondes

Conscient des inquiétudes que peut susciter son algorithme scénariste, Goodwin considère qu’il n’y pas réellement de raison d’avoir peur. Tout comme la photographie n’a pas fait disparaître la peinture, il considère que l’IA ne remplacera pas les cinéastes mais les assistera et permettra de libérer leur créativité. Il n’en reste pas moins stupéfiant de constater que l’intelligence artificielle s’immisce dans les secteurs de l’art et de la science.

Selon les acteurs, il n’a pas été si difficile d’injecter de l’émotion dans ces répliques a priori dénuées de sens. Pour cause, les dialogues sont inspirés de grands classiques, et il a suffi de s’inspirer du jeu d’acteur de l’époque. D’après Hasselhoff, la réplique finale rédigée par l’IA est même étonnamment émotionnelle et semble refléter ses propres sentiments et questionnements métaphysiques : « Je veux juste être un homme, je veux juste aller au cinéma ».

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